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Un lieu - la Chapelle à travers le roman "La Cabane"

Publié le par Khrist

(Attention certains éléments de l'histoire de William Young sont révélés afin de pouvoir les commenter. Si vous voulez lire le livre, passer votre chemin et reprenez la lecture de cet article une fois le roman achevé).

Rechercher le Graal, c'est souvent, pour un chevalier, se retrouver dans des lieux aussi divers que variés. Un des endroits les plus emblématiques est la Chapelle qui a une symbolique particulière. Au-delà même de son côté religieux, elle offre un double emploi: un lieu de protection pour l'objet sacré en plus d'un moyen de renforcer l'importance de l'objet en question. Seuls les élus peuvent y entrer, les autres devant se contenter au mieux de pouvoir admirer la grandeur du Graal de l'extérieur. En outre, la Chapelle démontre, par son côté religieux, que celui qui y entre doit être pur.

Au 20ème siècle, on retrouve cette même idée de sanctuaire consacré au Graal mais avec une vision plus évolutive de son apparence, sans pour autant que son symbolisme en soit changé. Si l'on se refère à T. S. Eliot et au monde décadant qu'il décrit dans son long poème The Waste Land, on retrouve la fameuse chapelle mais vide ("There is the empty chapel, only the wind’s home"), sans le Graal. Plus récemment encore, l'écrivain William P. Young parle d'une vieille cabane dans son roman The Shack. Cette cabane à l'abandon, totalement en ruine, où un crime atroce a été commis, se rénove d'elle-même avec l'arrivée de Dieu.

The Shack (traduisez "La Cabane") raconte l'histoire d'un père dont la petite fille a été tué par un meurtrier en série. L'enquête aboutira jusqu'à une vieille cabane où la police ne retrouvera que la robe tâchée de sang de la jeune fille. Inconsolable, le père reçoit alors une lettre de Dieu lui demandant de revenir à la cabane. Commence alors un voyage initiatique pour ce personnage dont la vie sera bouleversée à jamais.



A la première lecture de l'oeuvre de William Young, je n'avais pas dans l'idée d'en faire un article sur ce blog. Ce n'est pas à proprement parlé un roman arthurien mais il en a certaines des caractéristiques. Tout d'abord, l'auteur introduit le personnage principal de son roman dès l'introduction en ancrant son histoire dans la réalité. En résumé, William Young nous avertit que cette histoire est bien réelle. Cette manière de débuter était caractéristique des chroniques médiévales et permettait à un auteur de rendre son témoignage plus légitime. Puis, au fur et à mesure du récit, on comprend que cette journée initiatique vers un lieu devenant sacré par l'arrivée de Dieu n'a qu'un seul but: l'élévation de Mack, le "héros", vers une compréhension supérieur de l'univers. En cela, le roman de William Young n'est pas l'histoire d'une perte mais bien d'une découverte, avec, à la clé, la restitution du Graal: le corps de la petite fille. Mack comprend qu'il doit être seul pour effectuer cette "élévation", comme l'élu doit l'être afin de trouver l'objet de sa recherche. De même, Mack est choisi car Dieu lui addresse une lettre ce qui en fait le seul à pouvoir revenir dans la cabane.


La fin de sa quête se termine d'une manière brutale avec un accident de voiture qui le conduit tout droit à l'hôpital. Que signifie cette fin? Son voyage s'étant terminé, Mack devait passer par une mort symbolique. Plus tard, le narrateur nous dit que Mack doit réapprendre à marcher comme un enfant au début de sa vie. De ce fait, c'est une réelle renaissance pour le personnage principal.


Morceaux choisis:


- « It does a soul good to let the waters run once in a while – the healing waters ».

- « Living unloved is like clipping a bird’s wings and removing its ability to fly ».

Roman de référence:


The Shack, William P. Young, Windblown Media .

Traduction: La Cabane, Guy Trédaniel Editeur

Liens:


-
The ShackBook.com: revivez et approfondissez votre expérience sur le site internet.

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